1.    LE CHARTRIER

Les clarisses, ayant fait vœu de clôture perpétuelle, doivent pouvoir être autonomes au sein de l’abbaye. Elles possédaient donc des droits sur les terres alentour accordés par le roi et consignés dans de précieux documents appelés les chartres. Au Moyen-âge, ces dernières sont rédigées sur parchemin, c’est-à-dire sur les peaux d’animaux tels que la brebis ou le veau, ce qui ajoute à leur préciosité et à la nécessité de leur conservation au cœur même de cette salle. Le voûtement présente une belle démonstration de l’art gothique aux lignes épurées.

 

2.    LA SALLE CAPITULAIRE

Le silence est la règle au sein de l’abbaye; la salle capitulaire était le seul endroit, avec le parloir, où les clarisses avaient droit de parole afin d’y traiter des affaires de la communauté, d’où l’expression « avoir voix au chapitre», mais aussi d’y élire la mère abbesse. Les religieuses ayant désobéi à la règle pouvaient également y être sermonnées. Les quatre baies en tiers-point perçant le mur Est sont fermées par des vitraux réalisés dans les ateliers du patrimoine du Club du Vieux Manoir. Au centre, le plat sert à bruler les bulletins de votes.

 

3.    LE MUSEE

Sont exposés dans cette salle les objets découverts lors des fouilles de l’église abbatiale et des vestiges du château de Philippe le Bel situé dans le parc de l’abbaye.

 

4.     LE REFECTOIRE

Le réfectoire est un lieu de silence uniquement interrompu par la lecture de la Règle de Sainte Claire qui se faisait depuis la chaire. La particularité de cette salle est la présence de peintures murales datant, pour les plus anciennes, du XIVème siècle. Ces dernières, permettant de mettre en images les textes lus durant le repas, furent recouvertes d’un badigeon et de cartouches moralisateurs après le Concile de Trente. On peut y reconnaître un cycle consacré à la Vierge se déroulant sur le mur Sud et se terminant par une Vierge à l’Enfant sur le tympan d’une ancienne porte aujourd’hui murée. Sur le mur Nord est présenté Saint-Michel terrassant le dragon. Cette pièce accueille la reconstitution d’un réfectoire, d’une cellule et des divers travaux manuels auxquels s’adonnaient les moniales.

 

5.    LA COUR, LE CLOITRE ET L’EGLISE

Le cloître, dont une seule aile reste aujourd’hui visible, est l’élément central de la vie monastique, tant du point de vue pratique puisqu’il constitue un moyen d’accès rapide à toutes les salles, que du point de vue spirituel puisque de par son architecture il symbolise l’élévation de l’âme vers le ciel.  L’aile Sud était constituée de l’église abbatiale où furent enterrées les entrailles de Jeanne de Bourgogne, à l’emplacement même de l’autel. L’église abritait également les sépultures de certaines mères abbesses. Elle fut démantelée à la Révolution.

 

6. LES DORTOIRS (salle a l’étage)

Les dortoirs couraient sur les trois ailes des bâtiments conventuels. L’absence de cheminée nous donne un aperçu des conditions de vie des clarisses. Les exceptionnelles charpentes du XIVème siècle, réalisées en chêne provenant de la forêt d’Halatte, sont parmi les plus belles de ce type encore visibles en Europe. Notons que la charpente présente encore quelques traces du terrible incendie qui ravagea une partie de l’abbaye en 1526.

 

7.    LES CELLIERS (sous sol)

Les celliers monumentaux étaient utilisés par les clarisses pour entreposer les vivres nécessaires à la vie de la communauté. Tout comme les dortoirs, les celliers courent sous les trois ailes de l‘édifice. A l’époque des clarisses, le sol en terre battue avait un niveau plus bas que celui que nous observons aujourd’hui.